20 avril 2017 ~ 0 Commentaire

L’absence électorale des inexistants

impasse

 

Le moment électoral constitue une occasion théâtralisée de remise en cause des hiérarchies.

Théâtralisée parce que mise en scène, scandée par des rendez-vous, balisée par des formes. En ce sens, elle n’est pas neutre parce qu’elle choisit et multiplie les filtres de la représentation.

Originellement, elle vise à une égalité que les médias, leurs propriétaires bousculent aujourd’hui sans cesse. Ne faites pas vos jeux, les jeux sont faits.  Le sondage est un curseur impatient qui impose une température initiale sur laquelle les experts déclinent les évolutions. Pris dans une contradiction impossible à surmonter, que les résultats soient faits d’avance mais qu’il y ait du suspens pour l’audience, les médias bavassent. On n’autorise pas des scénarios imprudents au suspens, il faut que ses conclusions tendent vers le terne, l’éteint, le même.

Le commentaire se compose d’une répétition, façon méthode Coué et la recherche  d’événements qui pimenteraient la répétition (un petit coup de menace terroriste n’a jamais fait de mal à la reproduction de l’ordre)

Mais, outre ces défauts ordinaires, cette campagne aura été marquée par un très inquiétant déni de réalité.

Si la démocratie est censée accueillir des visions du monde différentes et proposer la dispute autour des priorités, nous constatons aujourd’hui un incroyable déficit de reconnaissance de problèmes, d’existences. On pourrait dire que le management fou a gagné la politique. Ne pourrait donc exister, être visibles que des problèmes sociaux qui autoriseraient une réduction des coûts, la fonction politique devenant  la torsion de coût à ce  et ceux qui coûtent (ou plutôt qui empêchent le bénéfice exponentiel de triompher)

Ancien travailleur social, ce n’est pas hasard si je me retrouve sensible au programme de la France Insoumise. Nous n’en avons pas l’exclusivité bien sûr mais appréhender la société avec un regard ample et solidaire me parait aujourd’hui une absolue nécessité si, dans les années qui viennent nous ne voulons pas jouer au pompier pyromane.

Quels sont donc ceux qui n’ont plus le droit d’exister ?

  • La grande pauvreté des rues, celles des nouveaux bidonvilles ou des grandes solitudes.
  • Tout le mouvement des squats ou des ZAD, dans lequel on retrouve une masse très importante de nos jeunesses.
  • Les territoires ruraux ou néo ruraux.
  • Et tous ceux que j’oublie et qui sont encore plus nombreux.

Quel est donc le point commun de ces laissés pour compte ? De ne rien posséder et d’occuper soit des espaces honteux, soit des espaces convoitables pour le profit.

On assiste donc, stupéfait à leur diabolisation : fraudeurs, fainéant, drogués, improductifs et quand on les compte, le chiffrage est vertigineux. Des morts par centaines, des en souffrance par milliers, des sans-emplois par millions.

Et là, on se met à se gratter la tête : quels sont donc ces hypocrites qui plastronnent de leur pureté morale et qui sont incapables d’accueillir ceux qui viennent de pays en guerre ou en misère ? Quels sont ces insupportables donneurs de leçons toujours plus gavés par le système et qui viennent donner des leçons d’effort et de sacrifice ?

On l’aura compris, la privatisation de la sécurité, de l’opulence, de la santé sont en marche. A nous de leur résister.

 

 

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Victor Coudesabot |
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