20 mars 2019 ~ 0 Commentaire

Diarrhée verbale, cancer du Macronisme et orgasme des médias

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On a tous vécu cette scène un peu pénible dans une fête ou dans une réunion quand un participant, parfois un peu alcoolisé, confisque la parole, monopolise l’air disponible et en un mot, en un seul fait chier tout le monde.

On hésite toujours après coup entre le besoin de déversoir, la nécessité de contrôle, la compétition avec l’autre mais disons que l’avantage de ce cadre est qu’il n’a que de peu d’enjeux : on peut juste se pourrir la soirée.

Le mouvement des gilets jaunes et sa réponse approximative, le grand débat nous font entrer dans une autre dimension : la logorrhée présidentielle qui vient encombrer tout l’espace institutionnel et médiatique.

Et on subit ce compliment absurde des médiacrates : parler pendant huit ou dix heures sur tout et sur rien serait la quintessence post moderne de la bouillie startup nation alors que dans le même temps, chacun sait que, dans la communication, une durée d’interaction trop longue sabote allègrement toute possibilité d’échange, toute écoute véritable, toute chance de changement.

Il faut donc comprendre le processus comme une manœuvre complexe mêlant deux impératifs :

  • Celle d’un narcissisme débridé qui se traduit en avoir le dernier mot, obstinément sur tous les sujets, donnant à voir une crainte maladive d’être pris en défaut.
  • Celle d’une saturation des contenus de l’échange, les rendant ainsi complètement inopérants.

En bon technocrate qu’il est, Emmanuel Macron n’utilise qu’une arme essentielle, la synthèse, au risque mineur que la synthèse soit écrite en amont et dans le maniement d’un verbiage ésotérique  (une addition de mots sans lien avec une quelconque réalité tangible).

Dans ce monde-là, on peut dire n’importe quoi et son contraire puisque l’objectif n’est pas de traiter une réalité consistante mais de tenir, de conserver une place symbolique, celle du pasteur panurgien conduisant son troupeau sur la falaise. Le monocorde est sa marque, l’électro encéphalogramme est parfaitement stable.

On comprend mieux la fascination des médias carpettes type BFM, CNEWS et LCI pour le président. Leur pratique langagière est là-même : il s’agit de déverser en pleine répétition, un flot de paroles factuelles, sidérantes, n’appelant aucun commentaire sinon la redondance jusqu’à l’écœurement.

Ne chercher pas la pensée, il n’y a en a aucune. Ne cherchez pas les problèmes, il n’y a que des solutions.

Silence, je t’en supplie, reviens réveiller notre intelligence collective.

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